À la suite de l’atelier de novembre à Graz, qui a rassemblé 40 participant·es de divers contextes éducatifs et nationaux, l’équipe a continué de travailler à l’élaboration des lignes directrices et de la plateforme Moodle.
Développement de la plateforme Moodle
La plateforme Moodle a fait l’objet d’une phase de retours critiques et constructifs de la part des participant·es. Sur la base des suggestions émises, plusieurs révisions structurelles ont été mises en œuvre. Parmi les changements les plus significatifs figurent une définition plus explicite du public cible (les enseignant·es de langues), l’ajout de courts textes précisant l’objectif et la structure de chaque section, l’intégration de nouvelles sections, notamment consacrées à l’EMILE, à la médiation et au développement professionnel des enseignant·es.
Le prochain lot de travaux portera sur la création de nouveaux chapitres et sur l’élargissement des chapitres existants par l’intégration d’exemples supplémentaires de bonnes pratiques issus de différents contextes éducatifs. Ce travail constituera un axe central de la prochaine rencontre de réseautage au Centre européen pour les langues vivantes, prévue les 9 et 10 avril 2026.
Poursuite de l’élaboration des lignes directrices
Lors de l’atelier organisé à Graz, l’équipe a mis en place une séance réflexive de type World Café, invitant les participant·es à mobiliser leurs connaissances contextuelles et leur expérience de terrain afin d’identifier les principes les plus pertinents pour l’usage de l’IA dans l’enseignement/apprentissage des langues et d’en débattre.
Les contributions issues de ce travail de groupe intensif ont ensuite été analysées par l’équipe du projet qui a porté une attention particulière à l’identification des chevauchements entre les principes, la clarification de leurs définitions et leur champ d’application. À l’issue de ce travail d’analyse, l’ensemble des principes a été regroupé autour de la notion d’usage éthique de l’IA.
Les enjeux éthiques liés à l’usage de l’IA peuvent être compris à deux niveaux étroitement liés : en dehors de la classe, c’est-à-dire au niveau sociétal, et au sein de la classe, au niveau des activités d’apprentissage. Par exemple, les défis relatifs à la protection des données, à la légalité et au contrôle ne peuvent pas être prises en charge par les enseignant·es seul·es. Ces enjeux liés à la sécurité nécessitent un soutien institutionnel et infrastructurel, ainsi qu’une coordination aux niveaux supranational, national, régional et institutionnel.
De même, le principe d’utilisation responsable concerne avant tout des enjeux sociétaux. L’une de ses dimensions porte sur des questions telles que les inégalités sociales, les asymétries de pouvoir, la fracture numérique et la faible représentation de certaines langues dans les ressources numériques. Une deuxième dimension concerne la durabilité environnementale de l’IA, y compris son impact croissant sur les écosystèmes à travers la consommation d’énergie, l’utilisation de l’eau et les émissions de gaz à effet de serre.
Une utilisation sécurisée et responsable de l’IA est ainsi le résultat d’une interaction entre responsabilité collective et responsabilité individuelle. Si de nombreuses décisions échappent au contrôle des enseignant·es pris individuellement, la classe demeure le principal lieu d’action, où les enseignant·es jouent un rôle central dans la manière dont l’IA est utilisée avec les apprenant·es.
Les deux derniers principes, l’utilisation ciblée et réfléchie de l’IA, portent sur l’intégration pédagogiquement pertinente de l’IA dans les activités d’apprentissage des langues secondes, ainsi que sur la nécessité de réfléchir aux processus d’enseignement/apprentissage. Ces principes sont étroitement liés au domaine éducatif et soulignent l’importance d’une utilisation agentique et intentionnelle de l’IA.
Les lignes directrices s’articulent autour de quatre principes fondamentaux pour l’intégration de l’IA dans l’éducation aux langues : une utilisation sécurisée, responsable (tenant compte des enjeux sociétaux et de la durabilité environnementale), ciblée et réfléchie.
Achilleas Kostoulas, coordinateur du projet AI Lang
- Site web du projet du CELV « L'IA pour l’éducation aux langues » (2024-2027) : www.ecml.at/AI-lang (disponible en français et en anglais)