Les 25 et 26 mars, le Centre européen pour les langues vivantes a accueilli des enseignant·es, des chercheur·es et des expert·es venu·es de toute l’Europe à l’occasion de l’atelier Pluriwell intitulé « Favoriser le bien-être plurilingue des enseignant·es de langues ». Cet événement, qui s’est tenu à Graz, a marqué l’aboutissement de plus de deux ans de travail dans le cadre du projet Pluriwell.
Les sessions ont réuni des participant·es issu·es de 28 États membres du Conseil de l’Europe, parmi lesquel·les des enseignant·es en activité, des décideur·es politiques et des formateur·rices d’enseignant·es au niveau universitaire. L’atelier a permis à ce groupe hétérogène de participant·es de découvrir en avant-première les outils de la nouvelle boîte à outils Pluriwell. « Pouvoir tester nos outils avec un groupe de collègues aussi diversifié et compétent a été extrêmement bénéfique », a déclaré Gerit Jaritz, responsable de la deuxième langue de travail au sein du projet Pluriwell.
En effet, les participant·es ont apporté avec eux·elles un large éventail de perspectives issues de contextes d’enseignement et d’apprentissage des langues très différents. Emmanuel Julien, enseignant de français et d’espagnol basé en Andorre, a fait remarquer que les outils de bien-être plurilingue pourraient présenter un intérêt particulier pour les enseignant·es des classes d’accueil destinées aux élèves migrant·es. « Avec ces élèves, qui viennent principalement d’Amérique du Sud, d’Ukraine et des Philippines, les enseignant·es, qui sont au moins bilingues, utilisent le plurilinguisme pour briser la glace, éviter les barrières linguistiques et faciliter une intégration rapide et positive dans leur nouvel environnement », a-t-il déclaré.
L’un des thèmes qui est ressorti des discussions de l’atelier était l’importance de reconnaître le lien entre le bien-être des enseignant·es et celui des élèves, et la manière dont cela peut contribuer à l’apprentissage. Comme l’a fait remarquer Frank Hansen, directeur d’école à Aarhus Kommune au Danemark, « Il existe un lien évident entre le bien-être des enseignant·es et celui des élèves… Il est important que nous soyons attentif·ves à ce lien entre le plurilinguisme et le bien-être, et que nous le qualifions non seulement chez les élèves, mais aussi chez les enseignant·es. C’est là le cœur et la grande pertinence du projet Pluriwell. »
Dolors Masats, professeure de didactique des langues à l’Universitat Autònoma de Barcelona, collabore également au projet « Une boîte à outils pour la mise en œuvre de la didactique intégrée dans l’éducation aux langues » du CELV. Elle a souligné la pertinence du bien-être plurilingue pour son propre projet. « [Participer] à un atelier entièrement centré sur le concept de bien-être des enseignant·es m’a fait prendre conscience de son rôle clé dans l’éducation plurilingue et de la nécessité de faire explicitement référence à cette perspective. » D. Masats a souligné le fait que « certaines techniques Pluriwell visent à aider les enseignant·es à prendre conscience de leurs propres répertoires linguistiques, première étape vers la reconnaissance de ceux de leurs apprenant·es ». Elle prévoit d’intégrer certains éléments de l’approche Pluriwell dans les ressources sélectionnées pour la boîte à outils « Didactique intégrée » en cours d’élaboration dans le cadre de son projet du CELV.
Les débats et discussions menés lors de l’atelier ont fourni des informations précieuses qui seront intégrées aux résultats finaux du projet Pluriwell. « Les retours des participant·es sur la boîte à outils nous aideront à améliorer et à affiner les outils avant leur publication », a déclaré la coordinatrice du projet, Caterina Sugranyes. Les participant·es ont également apporté des idées qui contribueront à façonner le futur site web Pluriwell. « Le nouveau site web devrait offrir des ressources structurées et conviviales, tout en favorisant la sensibilisation et le partage de pratiques entre enseignant·es et formateur·rices d’enseignant·es », a déclaré Chang Zhang, un expert web venu d’Irlande pour participer à l’événement.
L’intégration d’une pluralité de perspectives et de contributions a été la norme tout au long du projet Pluriwell. « Les relations et la complicité sont au cœur du bien-être », a déclaré C. Sugranyes. « Et elles sont également au cœur de ce projet, qui a été le fruit d’un effort collectif de l’équipe, des enseignant·es participant·es, du CELV et, désormais, des participant·es à l’atelier. Nous leur sommes très reconnaissant·es. Sans eux·elles, ce projet n’aurait pas eu de sens pour nous, et nous n’aurions pas pu accomplir ce que nous avons réalisé. »
Autrices : L’équipe Pluriwell du CELV