Nouvelles
16.04.2026
Un atelier rassemble des dizaines de personnes à Graz pour construire l’avenir du bien-être plurilingue
Les 25 et 26 mars, le Centre européen pour les langues vivantes a accueilli des enseignant·es, des chercheur·es et des expert·es venu·es de toute l’Europe à l’occasion de l’atelier Pluriwell intitulé « Favoriser le bien-être plurilingue des enseignant·es de langues ». Cet événement, qui s’est tenu à Graz, a marqué l’aboutissement de plus de deux ans de travail dans le cadre du projet Pluriwell.
Les sessions ont réuni des participant·es issu·es de 28 États membres du Conseil de l’Europe, parmi lesquel·les des enseignant·es en activité, des décideur·es politiques et des formateur·rices d’enseignant·es au niveau universitaire. L’atelier a permis à ce groupe hétérogène de participant·es de découvrir en avant-première les outils de la nouvelle boîte à outils Pluriwell. « Pouvoir tester nos outils avec un groupe de collègues aussi diversifié et compétent a été extrêmement bénéfique », a déclaré Gerit Jaritz, responsable de la deuxième langue de travail au sein du projet Pluriwell.
En effet, les participant·es ont apporté avec eux·elles un large éventail de perspectives issues de contextes d’enseignement et d’apprentissage des langues très différents. Emmanuel Julien, enseignant de français et d’espagnol basé en Andorre, a fait remarquer que les outils de bien-être plurilingue pourraient présenter un intérêt particulier pour les enseignant·es des classes d’accueil destinées aux élèves migrant·es. « Avec ces élèves, qui viennent principalement d’Amérique du Sud, d’Ukraine et des Philippines, les enseignant·es, qui sont au moins bilingues, utilisent le plurilinguisme pour briser la glace, éviter les barrières linguistiques et faciliter une intégration rapide et positive dans leur nouvel environnement », a-t-il déclaré.
L’un des thèmes qui est ressorti des discussions de l’atelier était l’importance de reconnaître le lien entre le bien-être des enseignant·es et celui des élèves, et la manière dont cela peut contribuer à l’apprentissage. Comme l’a fait remarquer Frank Hansen, directeur d’école à Aarhus Kommune au Danemark, « Il existe un lien évident entre le bien-être des enseignant·es et celui des élèves… Il est important que nous soyons attentif·ves à ce lien entre le plurilinguisme et le bien-être, et que nous le qualifions non seulement chez les élèves, mais aussi chez les enseignant·es. C’est là le cœur et la grande pertinence du projet Pluriwell. »
Dolors Masats, professeure de didactique des langues à l’Universitat Autònoma de Barcelona, collabore également au projet « Une boîte à outils pour la mise en œuvre de la didactique intégrée dans l’éducation aux langues » du CELV. Elle a souligné la pertinence du bien-être plurilingue pour son propre projet. « [Participer] à un atelier entièrement centré sur le concept de bien-être des enseignant·es m’a fait prendre conscience de son rôle clé dans l’éducation plurilingue et de la nécessité de faire explicitement référence à cette perspective. » D. Masats a souligné le fait que « certaines techniques Pluriwell visent à aider les enseignant·es à prendre conscience de leurs propres répertoires linguistiques, première étape vers la reconnaissance de ceux de leurs apprenant·es ». Elle prévoit d’intégrer certains éléments de l’approche Pluriwell dans les ressources sélectionnées pour la boîte à outils « Didactique intégrée » en cours d’élaboration dans le cadre de son projet du CELV.
Les débats et discussions menés lors de l’atelier ont fourni des informations précieuses qui seront intégrées aux résultats finaux du projet Pluriwell. « Les retours des participant·es sur la boîte à outils nous aideront à améliorer et à affiner les outils avant leur publication », a déclaré la coordinatrice du projet, Caterina Sugranyes. Les participant·es ont également apporté des idées qui contribueront à façonner le futur site web Pluriwell. « Le nouveau site web devrait offrir des ressources structurées et conviviales, tout en favorisant la sensibilisation et le partage de pratiques entre enseignant·es et formateur·rices d’enseignant·es », a déclaré Chang Zhang, un expert web venu d’Irlande pour participer à l’événement.
L’intégration d’une pluralité de perspectives et de contributions a été la norme tout au long du projet Pluriwell. « Les relations et la complicité sont au cœur du bien-être », a déclaré C. Sugranyes. « Et elles sont également au cœur de ce projet, qui a été le fruit d’un effort collectif de l’équipe, des enseignant·es participant·es, du CELV et, désormais, des participant·es à l’atelier. Nous leur sommes très reconnaissant·es. Sans eux·elles, ce projet n’aurait pas eu de sens pour nous, et nous n’aurions pas pu accomplir ce que nous avons réalisé. »
Autrices : L’équipe Pluriwell du CELV
10.04.2026
Le bien-être plurilingue au cœur de l’éducation démocratique : atelier du projet Pluriwell du CELV
Les 25 et 26 mars 2026, le Centre européen pour les langues vivantes (CELV) à Graz a accueilli un atelier de deux jours dans le cadre de son projet « Favoriser le bien-être plurilingue des enseignant·es de langues ». Cet événement a constitué une étape majeure dans l’avancement du projet Pluriwell (2024-2026).
Le bien-être des enseignant·es est de plus en plus reconnu comme un facteur primordial pour une éducation inclusive et de qualité. S’inscrivant dans son engagement plus large du Conseil de l’Europe en faveur d’une culture et d’une éducation démocratiques, les enseignant·es jouent un rôle central non seulement en tant que enseignant·es de leurs disciplines, mais aussi en tant que professionnel·les évoluant dans un contexte de diversité linguistique et de complexité culturelle et dans des environnements d’apprentissage en perpétuelle mutation. Il devient donc essentiel de soutenir leur réflexion sur leurs propres répertoires linguistiques et identités.
Le projet Pluriwell aborde cette question en s’intéressant précisément à la notion de « bien-être plurilingue ». Comment ce concept est-il défini ? Il va au-delà de la simple prise de conscience ou de la valorisation du potentiel de son propre répertoire linguistique. Il porte également sur le confort à exploiter ce répertoire dans divers contextes, tant personnels que professionnels. Comme l’explique la coordinatrice du projet Caterina Sugranyes, « l’accent a toujours été mis en grande partie sur ce que nous ne savions pas faire ; le bien-être plurilingue invite à se concentrer sur nos savoir-faire ». Cette dimension du bien-être alimente la capacité des enseignant·es à promouvoir les compétences plurilingues, interculturelles et démocratiques en classe. Comme Caterina Sugranyes le souligne encore, ce bien-être plurilingue est étroitement lié à une culture démocratique, impliquant « des émotions positives, une ouverture sur le monde et des relations » – autant de leviers clés pour apprendre et vivre ensemble dans des sociétés diversifiées.
Cet atelier à Graz a réuni 37 participant·es (dont l’équipe de coordination, la consultante et les partenaires) issu·es de 28 États membres du Conseil de l’Europe. Organisé dans le cadre du programme quadriennal « L’éducation aux langues au cœur de la démocratie », l’atelier a offert un espace pour tester et affiner la boîte à outils de Pluriwell et pour examiner d’autres productions du projet, notamment les principes directeurs et les témoignages d’enseignant·es. Les informations recueillies serviront désormais à finaliser les résultats du projet, notamment pour construire le futur site web de Pluriwell, et à assurer leur transférabilité plus large dans différents contextes éducatifs européens.
L’atelier du CELV a réaffirmé l’importance de placer le bien-être des enseignant·es (particulièrement dans sa dimension plurilingue) au cœur des efforts visant à renforcer les systèmes éducatifs, à soutenir les pratiques professionnelles et à promouvoir une culture démocratique à travers l’éducation aux langues. Comme le rappelle la consultante du projet Chantal Muller : « Lorsque nos langues, et, par extension, nos identités, sont valorisées, nous nous sentons reconnu·es et respecté·es pour ce que nous sommes. Cette reconnaissance nourrit le bien-être et l’enthousiasme des enseignant·es, ce qui, à son tour, a un impact positif sur leurs pratiques pédagogiques et leurs interactions. »
26.11.2025
Plurilittératies pour une citoyenneté globale : présentation du cadre des 4R pour concevoir des épisodes d’apprentissage en profondeur en classe de langues
Lors de la récente réunion de réseau du projet du CELV à Graz, l’équipe a présenté une nouvelle dimension de l’approche Plurilittératies pour une citoyenneté globale : le Cadre des 4R – Lecture critique (Reading), Repositionnement, Réflexion et Réponse et action. S’appuyant sur les fondements théoriques de « Au-delà de l’EMILE », le Cadre des 4R traduit les principes des plurilittératies en outils concrets de conception pédagogique.
Chaque « R » représente une pratique de littératie spécifique :
- Lecture critique (Read) à travers des textes plurilingues et plurimodaux ;
- Repositionnement grâce à une exploration multiperspective ;
- Réflexion avec humilité épistémique et empathie ;
- Réponse et action par le dialogue et l’action responsable.
Ensemble, ces pratiques forment des spirales d’apprentissage en profondeur, permettant aux apprenant·es en langues de relier le développement conceptuel, linguistique et citoyen.
Afin de rendre le Cadre enseignable et observable, le projet a introduit trois outils complémentaires :
- Les Épisodes d’apprentissage en profondeur (en anglais : Deeper Learning Episodes – DLEs) – des unités de conception qui structurent la progression, de l’activation au transfert ;
- Les Dix principes de fidélité des tâches – des lignes directrices pour garantir la pertinence, l’étayage et la rétroaction ;
- Des Questions directrices révisées pour les enseignant·es et les apprenant·es – des amorces qui traduisent les principes de conception en dialogue de classe.
Parallèlement à ces outils, l’équipe a également présenté une première version de bandes de descripteurs pour chacune des 4R. L’équipe sera accompagnée dans ce travail par le professeur Francisco Lorenzo, expert de renommée internationale, qui a partagé les premiers résultats de recherche issus du projet COST « CLIL Network for languages in education: Towards bi- and multilingual disciplinary literacies (CLILNetLE) ».
Ces descripteurs offrent un outil d’évaluation formative permettant d’observer et de soutenir le développement des plurilittératies en classe de langues, aidant les enseignant·es à suivre la progression et à formuler des retours autour des quatre dimensions : Lecture critique, Repositionnement, Réflexion et Réponse et action.
Les participant·es ont apporté des contributions et des commentaires constructifs et particulièrement précieux, permettant à l’équipe d’affiner le Cadre et ses outils afin qu’ils reflètent mieux la diversité des contextes d’enseignement.
En articulant étroitement théorie et pratique, le Cadre des 4R soutient les enseignant·es dans leur effort pour « abattre les murs de la classe » – en reliant les apprentissages aux réalités locales et globales, et en affirmant la classe de langues comme un espace où la citoyenneté mondiale n’est pas seulement discutée, mais véritablement mise en pratique.
L’équipe du projet PlurilitCit